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L'accessibilité numérique : qu'est-ce que c'est et qui est vraiment concerné ?

Qu’est-ce que l’accessibilité numérique ? Découvrez les handicaps concernés, les obstacles du web et comment rendre votre site accessible à toutes et à tous.

Par InclusiWeb10 min de lecture

L'accessibilité numérique : qu'est-ce que c'est et qui est vraiment concerné ?

Aujourd’hui, nous utilisons Internet pour presque tout : communiquer, travailler, apprendre, faire des achats, prendre un rendez-vous ou accéder à des services administratifs. Mais ces actions, qui semblent simples pour certains, peuvent devenir compliquées, voire impossibles, pour d’autres.

Un texte difficile à lire, un formulaire mal conçu, un bouton inaccessible au clavier ou une vidéo sans sous-titres peuvent empêcher une personne d’utiliser un site web de manière autonome.

C’est là qu’intervient l’accessibilité numérique.

Souvent associée au handicap, elle est pourtant utile à un public bien plus large. Elle concerne les personnes en situation de handicap permanent, celles qui rencontrent une difficulté temporaire et, plus généralement, toute personne confrontée à une interface peu claire ou difficile à utiliser.

Mais qu’est-ce que l’accessibilité numérique exactement ? Quels handicaps sont concernés ? Et pourquoi les entreprises et les organisations ont-elles intérêt à rendre leurs services en ligne plus accessibles ?

1. Qu’est-ce que l’accessibilité numérique ?

L’accessibilité numérique consiste à concevoir des sites web, des applications, des documents et des services numériques que les personnes peuvent utiliser, y compris lorsqu’elles présentent un handicap ou utilisent des technologies d’assistance.

L’objectif est de permettre à chacun d’accéder aux informations, de comprendre les contenus et d’effectuer les actions proposées avec le plus d’autonomie possible.

Concrètement, un site accessible doit notamment permettre de :

  • lire les contenus avec une présentation claire et adaptée ;
  • naviguer sans être obligé d’utiliser une souris ;
  • comprendre les menus, les liens et les boutons ;
  • remplir un formulaire et corriger ses erreurs ;
  • consulter les images et les vidéos grâce aux alternatives nécessaires ;
  • utiliser le site avec différentes technologies d’assistance.

L’accessibilité ne se limite donc pas à ajouter quelques options ou à modifier les couleurs d’une page. Elle concerne la conception graphique, la rédaction des contenus, le développement technique et l’ensemble du parcours utilisateur.

Un site accessible est un site conçu pour réduire les obstacles à l’utilisation, sans exclure les personnes en raison de leurs capacités ou de leur manière d’accéder au numérique.

2. Quels handicaps sont concernés par l’accessibilité numérique ?

Les difficultés d’accès au numérique peuvent avoir différentes origines. Elles ne sont pas toujours visibles et ne se manifestent pas de la même manière selon les personnes et les situations.

Le handicap visuel

Les personnes aveugles ou malvoyantes peuvent rencontrer des difficultés lorsque les informations sont uniquement visuelles, lorsque les contrastes sont insuffisants ou lorsque le contenu ne peut pas être interprété correctement par un lecteur d’écran.

Pour améliorer l’accessibilité, il est notamment utile de :

  • proposer des alternatives textuelles adaptées aux images informatives ;
  • respecter les exigences de contraste ;
  • structurer les pages avec des titres et des éléments HTML appropriés ;
  • permettre le zoom et l’agrandissement du texte ;
  • rendre les composants compatibles avec les technologies d’assistance.

Une image contenant une information essentielle ne devrait pas être le seul moyen d’accéder à cette information.

Le handicap auditif

Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent rencontrer des obstacles lorsque les informations sont uniquement transmises par le son.

Par exemple, une vidéo de présentation sans sous-titres peut rendre son contenu inaccessible à une partie du public.

Selon le type de contenu, des solutions peuvent inclure :

  • des sous-titres pour les vidéos ;
  • des transcriptions textuelles pour certains contenus audio ;
  • une présentation visuelle claire des informations importantes ;
  • des alternatives aux alertes sonores.

L’objectif est de ne pas rendre une information essentielle dépendante uniquement de l’audition.

Le handicap moteur

Certaines personnes rencontrent des difficultés à utiliser une souris, à effectuer des gestes précis ou à maintenir une position pendant une longue période.

Un site qui exige des mouvements précis ou dont les boutons sont difficiles à atteindre peut devenir un obstacle.

Pour améliorer l’expérience, il est important de :

  • permettre la navigation au clavier ;
  • rendre le focus visible ;
  • utiliser des commandes faciles à identifier ;
  • proposer des zones interactives suffisamment faciles à cibler ;
  • éviter les interactions qui reposent exclusivement sur des gestes complexes.

Un parcours de navigation accessible permet à davantage de personnes d’utiliser le service avec leurs propres moyens d’interaction.

Les troubles cognitifs et les difficultés de compréhension

Certaines personnes peuvent rencontrer des difficultés pour lire, mémoriser des informations, comprendre des instructions ou se repérer dans une interface complexe.

Cela peut notamment concerner certaines personnes présentant des troubles cognitifs, des troubles de l’apprentissage ou des troubles du langage.

Des choix de conception simples peuvent aider :

  • rédiger des phrases claires ;

utiliser des titres explicites ;

  • organiser les informations de manière logique ;
  • conserver une navigation cohérente ;
  • expliquer les erreurs et la manière de les corriger ;
  • éviter les animations et les changements de contexte inutiles.

Un site plus prévisible et plus facile à comprendre facilite les démarches de nombreux utilisateurs.

3. Le handicap invisible : pourquoi est-il important dans l’accessibilité numérique ?

Tous les handicaps ne sont pas visibles. Certaines difficultés peuvent être peu perceptibles pour l’entourage, alors qu’elles ont des conséquences importantes sur l’utilisation des services numériques.

Le terme handicap invisible désigne couramment des situations de handicap dont les manifestations ne sont pas immédiatement apparentes. Il peut notamment concerner certaines situations liées à des troubles cognitifs, psychiques, sensoriels ou à des maladies chroniques.

Sur Internet, les obstacles ne sont pas toujours évidents à repérer.

Une page remplie de textes denses, une consigne ambiguë, un formulaire comportant de nombreuses étapes ou un compte à rebours stressant peuvent compliquer une démarche pour certaines personnes.

Quelques exemples :

  • Une personne ayant des difficultés de concentration peut avoir du mal à traiter une page très chargée.
  • Une personne présentant un trouble de la lecture peut bénéficier d’un texte bien structuré et de formulations simples.
  • Une personne ayant des difficultés de mémorisation peut rencontrer des obstacles lorsqu’un formulaire efface ses informations après une erreur.
  • Une personne sensible aux animations peut être gênée par des mouvements permanents ou des effets visuels distrayants.

Ces exemples ne signifient pas que toutes les personnes présentant une même situation rencontrent les mêmes difficultés. Les besoins varient d’une personne à l’autre.

L’enjeu est donc de concevoir des interfaces suffisamment claires, prévisibles et flexibles pour réduire les obstacles évitables.

4. L’accessibilité numérique concerne-t-elle uniquement les personnes en situation de handicap ?

Non. Même si elle est essentielle pour les personnes en situation de handicap, l’accessibilité numérique peut aussi améliorer l’expérience de nombreux autres utilisateurs.

Nous pouvons tous rencontrer des difficultés temporaires ou liées à notre environnement.

Par exemple :

  • une personne qui se casse le bras peut avoir besoin d’utiliser son ordinateur différemment ;
  • un parent qui porte son enfant peut avoir une main indisponible ;
  • une personne qui consulte une vidéo dans les transports peut avoir besoin de sous-titres ;
  • un utilisateur qui lit son téléphone en plein soleil peut avoir besoin d’un contraste plus élevé ;
  • une personne âgée peut apprécier des textes lisibles et des commandes clairement identifiées ;
  • un internaute qui découvre un service peut avoir besoin d’instructions simples et d’une navigation intuitive.

Ces situations montrent que l’accessibilité ne bénéficie pas uniquement à un groupe spécifique. Elle contribue à rendre les services numériques plus faciles à utiliser dans des contextes variés.

5. Quels sont les exemples d’un site web peu accessible ?

Certains obstacles sont fréquents et peuvent être difficiles à repérer si l’on teste uniquement son site avec une souris et un écran standard.

Des textes difficiles à lire

Un contraste insuffisant, une taille de police trop petite ou des paragraphes très denses peuvent rendre la lecture fatigante.

Des images sans alternative textuelle adaptée

Lorsqu’une image transmet une information essentielle sans alternative pertinente, certains utilisateurs risquent de perdre cette information.

Des menus inutilisables au clavier

Si un menu ne peut pas être ouvert, parcouru ou fermé au clavier, il peut empêcher certains visiteurs d’accéder à des pages importantes.

Des formulaires incompréhensibles

Des champs sans étiquette claire, des consignes peu visibles ou des messages d’erreur vagues peuvent rendre une démarche difficile à terminer.

Des vidéos sans sous-titres

Une vidéo qui transmet toutes ses informations uniquement par le son peut exclure les personnes qui ne peuvent pas entendre son contenu.

Des liens trop vagues

Des intitulés comme « Cliquez ici » répétés sur une page ne permettent pas toujours de comprendre facilement la destination de chaque lien, notamment lorsqu’ils sont consultés hors de leur contexte.

Ces exemples illustrent pourquoi l’accessibilité doit être prise en compte dans la conception du site, et pas seulement lors d’une vérification finale.

6. Comment rendre un site internet plus accessible ?

L’amélioration de l’accessibilité peut commencer par des actions concrètes, puis se poursuivre avec une démarche plus structurée.

Étape 1 : examiner les contenus et la navigation

Vérifiez la lisibilité des textes, la structure des titres, la pertinence des liens et la clarté des consignes.

Étape 2 : tester le site au clavier

Parcourez les pages avec la touche Tabulation et les touches de navigation disponibles. Vérifiez que les liens, les boutons et les formulaires sont accessibles et que le focus reste visible.

Étape 3 : contrôler les images, les couleurs et les médias

Examinez les alternatives textuelles, les contrastes et les contenus audio ou vidéo pour identifier les informations qui ne sont pas accessibles à tous.

Étape 4 : tester les formulaires et les parcours essentiels

Essayez de contacter l’entreprise, de demander un devis, de créer un compte ou de réaliser les autres actions importantes proposées sur le site.

Étape 5 : réaliser une évaluation adaptée

Les premières vérifications sont utiles, mais elles ne suffisent pas à établir la conformité d’un site à un référentiel. Une évaluation structurée permet d’examiner les critères applicables, de documenter les problèmes et de prioriser les corrections.

En France, le RGAA constitue notamment le référentiel de référence pour les services numériques entrant dans son champ d’application.

7. Pourquoi l’accessibilité numérique est-elle aussi un enjeu pour les entreprises ?

L’accessibilité numérique ne concerne pas uniquement la technique ou la réglementation. Elle peut aussi contribuer à améliorer la qualité d’un service et la relation avec ses utilisateurs.

Un site plus accessible peut notamment :

  • faciliter l’accès aux informations ;
  • rendre les formulaires plus simples à utiliser ;
  • réduire certains obstacles dans les parcours clients ;
  • améliorer la lisibilité des contenus ;
  • permettre à davantage de personnes d’utiliser les services proposés ;
  • contribuer à une démarche d’inclusion plus cohérente.

Il ne faut toutefois pas considérer l’accessibilité comme une garantie automatique d’amélioration du référencement ou des ventes. Ses bénéfices dépendent du contexte, de la qualité des corrections et des besoins des utilisateurs.

Pour les organisations soumises à des obligations réglementaires, elle représente également un sujet de conformité à examiner sérieusement.

Conclusion : un numérique accessible est un numérique plus inclusif

L’accessibilité numérique consiste à rendre les sites web, les applications et les services en ligne utilisables par le plus grand nombre, y compris par les personnes en situation de handicap.

Elle concerne les handicaps visuels, auditifs, moteurs et cognitifs, mais aussi des situations moins visibles et des difficultés temporaires. Elle permet de mieux prendre en compte la diversité des besoins et des façons d’utiliser le numérique.

Pour progresser, il est essentiel de concevoir des contenus lisibles, des interfaces compréhensibles et des fonctionnalités utilisables avec différents moyens d’interaction. Des tests adaptés permettent ensuite d’identifier les obstacles et de planifier les améliorations nécessaires.

Vous souhaitez rendre votre site plus accessible ?

InclusiWeb accompagne les organisations à Lyon et en Auvergne-Rhône-Alpes dans leurs démarches d’accessibilité numérique : audit, recommandations priorisées, amélioration du code et des contenus.

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Sources et ressources utiles

  • Principes fondamentaux de l’accessibilité — W3C WAI
  • Recommandations internationales WCAG — W3C
  • Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA)

Cet article est informatif et ne constitue pas un audit de conformité. Les besoins d’accessibilité varient selon les personnes, les contenus et les fonctionnalités proposés.

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